Trente six gendarmes engagés, sept barrages de contrôle aux abords de Lacanau Océan, Lacanau Ville, Maubuisson, Hourtin, Montalivet et Soulac : la nuit de samedi à dimanche dernier était,
comme il n'est pas rare en saison, consacrée à la lutte contre l'alcoolémie au volant. Commandée et coordonnée par le commandant Remy, commandant la compagnie du Médoc, les gendarmes et
commandants de brigades ont mené, de 2 heures à 5 heures, une opération nocturne qui s'étendait en fait au-delà de la région médocaine, à l'ensemble du département.
2 heures du matin. Dimanche 10 août. Six gendarmes de la brigade de Lacanau, commandés par le lieutenant Bédenne, se mettent en place au rond-point situé à 200 mètres de la gendarmerie. Le
premier automobiliste intercepté a eu l'idée saugrenue de doubler une voiture de gendarmerie à 120 km/h entre Lacanau-océan et Lacanau-ville. L'absence de relevé radar lui permet de s'en
tirer avec une amende pour vitesse inadaptée aux circonstances, sans retrait de points. Une bonne vingtaine de conducteurs plus tard, une évidence s'impose : dans les voitures pleines de
jeunes gens, comme dans celles qui ramènent à la maison des couples après une soirée chez des amis, les conducteurs sont des conductrices. Elles abordent les contrôles d'alcoolémie sans
aucune crainte et pour cause. Plus facilement que les hommes, elles savent se retenir de boire.
> 2 h 40. Quelque part à la sortie de Lacanau-océan. Sur ce barrage, un automobiliste a déjà été contrôlé positif et conduit dans les locaux de la brigade provisoire pour vérification sur
l'éthylomètre. Une BMW s'arrête, le véhicule est hors d'âge, comme sans doute la vodka dont le conducteur avoue sans peine avoir bu trois verres accompagnés de Red Bull, cette boisson «
énergisante » récemment autorisée en France. Le dernier verre ayant été bu moins d'une heure avant le contrôle, le ballon rend un verdict incertain. De quoi justifier un contrôle par
éthylomètre, car le taux d'alcoolémie est en phase ascensionnelle comme le risque pour l'automobiliste de passer une fin de nuit coûteuse en timbre amende, dans le meilleur des cas.
3 heures. Autre poste de contrôle aux abords immédiats de Lacanau-océan sur un itinéraire bien connu des autochtones et emprunté pour éviter les pandores. Pas de chance, les gendarmes le
connaissent aussi. Cette fois, le dispositif, plus excentré, embarque un éthylomètre dans le fourgon. Et le système est efficace, avec deux gendarmes seulement, qui sont en fait des hommes
expérimentés de la brigade motocycliste de sécurité routière de Lesparre. Tandis que les contrôles se poursuivent, deux automobilistes, dont un touriste allemand, font les cent pas en lisière
de forêt en attendant de savoir s'ils pourront repartir au volant de leur voiture. Leur taux d'alcoolémie relevant seulement de la contravention, tout se passera le moins mal possible pour
eux. Le touriste allemand paiera les 90 euros forfaitaires. Le Français aura le choix entre payer l'amende ou s'offrir un stage de sensibilisation qui lui coutera à peu près le même prix.
> 3 h 30. Retour à Lacanau-ville, pour la mauvaise surprise la nuit. Vers 3 heures, un homme a été contrôlé positif à l'alcootest, conduit à la gendarmerie où l'éthylomètre a révélé un
taux de 1,7 grammes d'alcool par litre de sang. Permis retiré immédiatement, véhicule immobilisé sur place. Un gendarme compréhensif le reconduira chez lui. Cet homme venait de se lever. Il
partait prendre son travail… de chauffeur-livreur. Il reconnaît avoir bu deux pastis « maison » avec des amis vers 22 h 30. Le sommeil n'efface pas l'alcoolémie.
Cette nuit-là, en Médoc, sur trois cent soixante-quatre automobilistes invités à souffler dans le ballon, onze se retrouvés conviés à souffler et souffler encore, mais dans l'éthylomètre,
deux fois à 30 minutes d'intervalle. Sur ces onze contrôles positifs, quatre se sont révélés délictuels avec des taux allant de 1,4 g à 2,18 g. Quelques infractions ont par ailleurs été
constatées, comme l'usage du téléphone au volant ou le non respect du port de la ceinture de sécurité ou encore l'absence de contrôle technique.
> Au bilan, le commandant Remy insiste sur la cohérence et l'efficacité des ces opérations coordonnées. Le dispositif est conçu pour effectuer un maillage du terrain qui a trois effets.
D'abord, un premier cercle proche du lieu de provenance des automobilistes empêche les conducteurs en état d'ivresse de prendre la route. Ensuite, un second cercle, plus éloigné, permet de
contrôler ceux qui auraient échappé aux premiers barrages. Il n'était pas rare de voir, cette nuit du 9 au 10 août, des gens qui avaient été contrôlés deux fois. Et s'ils parcouraient encore
une vingtaine de kilomètres en direction de Bordeaux, ils avaient toutes les chances de tomber sur d'autres barrages.
Et c'est le troisième effet : la visibilité des gendarmes, qui doit persuader ceux qui comptent sur la chance, sur la distraction des gendarmes ou sur un hypothétique dieu des ivrognes que
les mailles sont serrées et que les filets fonctionnent.
Cela dit, d'une manière générale et à la mi-août, la saison semble très calme en Médoc en matière de sécurité, avec des chiffres en chute libre sur les vols à la roulotte, par exemple. Comme
quoi, pour les touristes et leur tranquillité, il n'y a pas que de mauvaises nouvelles dans l'actualité morose de cet été.
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