Lacanau 2008

Lacanau 2008 est là pour le dialogue.
Les espaces libres de paroles et spécifiques à Lacanau, au Médoc sont rares.
Ce site dénommé Lacanau 2008  est là pour ça.
A vous de le rendre lisible.

  • Toutes les sensibilités associatives et autres, canaulaises, médocaines sont les bienvenues à l'exception de l'aggressivité gratuite, le dénigrement voir les allégations fausses,
  • Nous souhaitons que vous retrouviez les infos publiées dans les journaux de notre péninsule et nous vous incitons à les lire dans ces journaux que sont Sud-Ouest et le Journal du Médoc.
  • Nous rassemblons le maximun d'informations sur Lacanau, sa vie municipale, sa vie associative, sa vie culturelle.
Samedi 2 juin 2007
NICOLE BOISSEL. -- Candidate du Mouvement pour la France, Nicole Boissel, Porgeaise d'adoption, se présente pour la première fois à des élections

: Olivier Delhoumeau

Nicole Boissel est fière de son origine bretonne quiberonnaise. Mais depuis quatre ans, elle et son mari ont élu domicile au Porge, aux confins du Médoc littoral pour se rapprocher de leurs enfants. « J'ai un fils installé au Porge et une fille qui habite à Mérignac, mon troisième enfant étant en Allemagne. » Avant cela, Nicole Boissel a connu une vie assez mouvementée. Pour suivre son mari, responsable dans une grande boîte de BTP, elle a fait et défait ses valises de nombreuses fois. Vendée, Hérault, Bouches du Rhône... Elle ne compte plus les régions visitées. Parfois au détriment de sa carrière professionnelle. « Je suis une femme des années 60. A l'époque, on suivait son conjoint, on élevait ses enfants sans trop se poser de questions. »


36 métiers. Au début des années 90, elle décide de tout changer. « Je me suis dit : "tes enfants sont étudiants, tu vas faire quelque chose de ta vie" ». Elle demeure alors à Saint-Germain-en-Laye, dans la région parisienne. Elle pousse la porte d'une agence intérim et enchaîne les expériences. « J'ai fait 36 métiers. Vendeuse, secrétaire dans diverses sociétés, j'ai aussi travaillé pour un grand laboratoire étranger. Pour cela, j'ai dû reprendre mes études. En faisant tous ces boulots, j'ai rencontré des gens de divers horizons. A ce jour, je n'ai pas trouvé meilleure école. C'est comme cela qu'on apprend à vivre. »
Parallèlement, Nicole Boissel reprend régulièrement blouse et pinceaux pour s'adonner à sa passion : la peinture. Aujourd'hui plus que jamais. Dans l'antre de son atelier porgeais, elle vit comme hors du temps. « Je travaille uniquement sur commande. Et toujours en musique. » Avec un petit faible pour Mozart. « Il m'arrive même de faire des petits tableaux pour des chasseurs du coin. »
Médocaine de coeur, Nicole Boissel n'a jamais vu de problèmes d'intégration. « Je pars du principe que lorsqu'on arrive dans une région, on doit faire l'effort d'aller vers les gens. Si on est ouvert aux autres, on reçoit forcément en retour. »


Guidel. Engagée depuis deux ans au MPF (Mouvement pour la France), auprès de Philippe de Villiers, elle se présente pour la première fois à des élections. Sans grands moyens, elle fait campagne avec le pot de colle, le balai et les affiches dans le coffre de la voiture. En chemin, elle engage la conversation avec commerçants et passants. « En général, cela se passe plutôt bien, les gens ne m'envoient pas balader, même s'ils me disent qu'ils ne voteront pas pour moi », sourit-elle.
Philippe de Villiers, elle l'a rencontré en septembre dernier, lors de l'université d'été du MPF à Guidel (en Bretagne). « C'est un homme hors du temps, d'une politesse et d'une moralité qui vont à l'encontre de ce que l'on voit actuellement. En fin de compte, son ambition se résume à l'idée de servir la France. Ce n'est pas un slogan, mais une réalité : il aime la France ». Du programme présidentiel de son leader, Nicole Boissel n'écarte aucune proposition. « Sa mesure concernant le soutien aux PME est essentielle. Baisser les charges de 50 % et exonérer de charges sociales les heures supplémentaires permettraient de relancer l'économie. » S'agissant des questions d'euthanasie et d'avortement, sa position est en revanche plus nuancée.
Cette expérience politique restera-t-elle sans lendemain ? « Je n'écarte rien, répond-elle. Des gens autour de moi m'incitent à me présenter sur une liste aux municipales... J'attends de voir ».
par Roland et les autres publié dans : Médoc: élections
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Vendredi 1 juin 2007
GUILLAUME PERCHET. -- Encarté à Lutte ouvrière depuis l'âge de ses 18 ans, ce jeune électronicien se présente pour la toute première fois dans le Médoc

: Olivier Delhoumeau

Guillaume Perchet n'est pas du genre à se confier facilement. Dès que vous essayez de l'attirer sur un chemin de traverse, le discours du militant revient au triple galop. Raconter sa vie, son oeuvre, très peu pour lui. Guillaume Perchet est avant tout un militant en campagne. Un communiste révolutionnaire qui représente Lutte ouvrière dans la cinquième circonscription.
Arrivé à Bordeaux en 2000, il a vécu l'essentiel de sa jeunesse dans l'Est de la France. C'est là-bas que débute en 1986 son engagement politique. La France s'ouvre alors à la cohabitation. Mitterrand à l'Elysée, Chirac à Matignon et Pasqua au ministère de l'Intérieur. « C'est l'époque du projet de loi Devaquet. Un mouvement étudiant et lycéen secoue la France. Il va se terminer avec l'envoi des voltigeurs et la mort de Malik Oussekine. A partir de là, j'ai compris ce que la droite et la gauche pouvaient donner. »
Au fil des années, ses opinions se cristallisent en certitudes : « J'ai vu que rien ne changeait dans la société. Il y avait toujours autant de misère, de chômage et de pauvreté d'un côté, et une minorité qui n'arrêtait pas de s'enrichir de l'autre. »A sa majorité, Guillaume Perchet s'encarte à Lutte ouvrière, aux côtés d'Arlette Laguiller. Il n'en partira pas.


Mobilisation. Cette campagne électorale ne constitue pas une première pour lui. Dans un passé pas si lointain, il fut aussi candidat aux municipales de 2001 à Mérignac et aux cantonales de 2004 à Belin-Béliet. Pourquoi le Médoc ? « Pourquoi pas ! Si vous voulez dire que je suis un parachuté, sachez que le parachute ne vient pas de bien loin et qu'il n'est pas doré », sourit l'intéressé. Avant d'ajouter : « Je me présente dans la Vme pour permettre aux travailleurs du Médoc, de Blanquefort au Verdon, de voter pour un programme qui défend leurs intérêts. » Et de citer le Smic à 1500 euros net, un logement décent pour tous, l'interdiction de licenciement. « Prenons sur la part des profits des actionnaires capitalistes privés pour créer des emplois, construire des logements ».


« Une gauche asservie ». PS et PCF ne représentent à ses yeux « qu'une gauche asservie à un système qui privilégie les intérêts d'une minorité au détriment du plus grand nombre ». Le rôle des élections ? « Le bulletin de vote permet au mieux d'exprimer une idée. Mais ça n'a jamais rien changé. L'arme des travailleurs se trouve dans la lutte, la mobilisation et la grève. C'est 1968, 1995 et 2003. Il faut se battre pour des revendications qui permettent de changer durablement les choses. L'augmentation salariale ne suffit pas. Le contrôle des travailleurs sur la gestion d'une entreprise doit permettre d'augmenter les salaires plus vite que l'inflation. L'ouverture des livres de comptes favoriserait aussi un meilleur contrôle dans la perspective des délocalisations. »
En disant cela, Guillaume Perchet pense notamment à la situation de l'usine Ford à Blanquefort. Un endroit où il se rend très souvent pour distribuer des tracts et aller à la rencontre des ouvriers. Car la campagne terminée, la lutte existera toujours.

par Roland et les autres publié dans : Médoc: élections
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Vendredi 1 juin 2007
 Vingt deux membres d'un club jersiais d'automobiles anciennes ont choisi Lacanau pour leur étape médocaine

: Véronique Boscher



Michael et Victoria Pinchard devant leur Bugatti
PHOTO V. B.
« L'histoire a commencé, il y a trois ans », commence Michael Pinchard, habitant de l'île de Jersey et passionné de voitures anciennes. « Un ami de longue date, qui vit à Bidache dans les Pyrénées-Atlantiques, m'avait demandé de lui rendre visite un week-end avec d'autres amis membres du Jersey Old Motor Club ». Un club qui réunit des passionnés de voitures anciennes et qui compte plus de 200 membres sur toute l'île. Pendant deux ans, j'ai remis l'idée à plus tard, sachant combien il est difficile d'organiser un déplacement en groupe de ces anciens véhicules, mais cette année, je n'avais vraiment plus d'excuses. Alors j'ai mis une annonce dans notre journal local pour demander qui serait intéressé pour faire le voyage avec moi. Et onze propriétaires ont répondu favorablement, ce qui fait que nous sommes vingt-deux personnes en tout ». Le groupe est parti de Jersey et a fait étape à Chalon avant de passer deux nuits à l'hôtel du golf à Lacanau.


Pas vite. Avant de partir avec le groupe, Michael Pinchard et sa femme Victoria avaient tracé tout l'itinéraire en mars dernier. « Je ne voulais pas que les distances soient trop importantes, raconte-t-il, car certaines voitures ne vont pas très vite. Et cela permettait aussi de bien choisir les hôtels parce que les propriétaires de ces voitures anciennes sont toujours inquiets quand il faut les laisser quelque part le soir. Je dois dire que notre séjour à Lacanau a été excellent et nous avons profité de cette étape médocaine pour visiter un château à Lamarque, apprendre sur la viticulture et traverser les vignobles. C'est vraiment une partie magnifique du monde ».
Magnifiques aussi étaient les voitures du groupe jersiais que les golfeurs de l'Ardilouse ont pu admirer en allant vers les greens. Il y avait, entre autres, une Alfa Romeo 1750 Grand Sport de 1935, une Bugatti type 57 de 1935, la voiture de Michael et Victoria Pinchard, deux Jaguar dont une S S 100 de 1937 et une X K 120 de 1948. Après l'étape canaulaise, le groupe continue vers Bidache, pour visiter le fameux ami à l'origine du voyage. Ils passeront une « journée champêtre » ensemble avant d'entamer le chemin de retour, en faisant étape à Périgueux et à Saumur avant de rejoindre l'île de Jersey.
par Roland et les autres publié dans : lacanau2008
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Vendredi 1 juin 2007
CONCHITA CIMBRON.-- Militante communiste de toujours, cette infirmière installée à Saint-Yzans se présente pour la 3me fois aux législatives en Médoc

: Simon Gourmellet

Conchita Cimbron renfile le bleu de chauffe de candidate communiste en campagne. A 55 ans, elle est un porte-étendard d'expérience pour le PCF et le mouvement anti-libéral dans la 5me circonscription. « Pas question de laisser un vide à gauche, » martèle-t-elle. « Et malgré les présidentielles, il faut résister ».
Sa désignation n'a pas été compliquée. Candidate aux élections cantonales de 1979 où elle obtient 22 % des suffrages, candidate aux législatives de 1993 et de 1997, élue à Pauillac... Cette infirmière libérale était taillée pour le rôle, d'autant que les candidats dans son propre camp ne se bousculaient pas. « Il y a un maillage important de militants dans le Médoc, avec notamment des jeunes. Mais aujourd'hui, le parti communiste n'est plus aussi fort qu'avant. Difficile de se lancer lorsque l'on ne croit plus au résultat. »


« Changer de monde ». Mais même si la candidate ne se fait pas d'illusion sur l'issue du scrutin, elle a toujours « le besoin de changer le monde » et de résister face au libéralisme à tout va. L'objectif n'a d'ailleurs pas varié depuis ses 22 ans. C'est à cette époque qu'elle découvre le livre de Georges Marchais, "Le défi démocratique". Une révélation qui la pousse à prendre sa carte au parti. Une carte qu'elle a rendue en 2000. « A force d'arrondir les angles, le parti n'a plus grand chose de communiste », explique-t-elle navrée. Encore une manière de résister.
De politique, il en est question tous les jours, en famille. Avec tout d'abord son mari, Ségundo, qui fait parti du conseil municipal de Saint-Yzans. Mais aussi avec son gendre, installé avec sa fille à Toulon. Lui aussi se présente cette année sous l'étiquette PCF. « On s'est donné rendez-vous au palais Bourbon ! », s'amuse Conchita Cimbron.
Mais c'est aussi avec lui qu'elle prépare certains dossiers de campagne, puisqu'un port méthanier semblable à celui en projet dans le Médoc existe déjà à Fos-sur-Mer.
Pour le reste, elle se fie à son expérience d'infirmière libérale. Tout comme son engagement en politique, cela fait 33 ans qu'elle exerce à Pauillac. « Je soigne pratiquement la troisième génération et au fil du temps, des liens plus que professionnels se sont tissés. Je suis en prise directe avec leurs problèmes comme la CMU, le RMI ou encore la baisse du pouvoir d'achat. » Un métier qu'elle aime, mais qu'elle juge difficile et usant.


Depuis les Asturies. Pour décompresser, elle cultive son jardin secret dans sa maison de Saint-Yzans.
Née dans les montagnes des Asturies en Espagne, elle suit à l'âge de six ans ses parents pour s'installer dans le Médoc. A l'époque, son père, ouvrier agricole reprend un ancien corps de ferme et le restaure pour y installer sa petite famille. Une maison qui est restée la sienne. Et c'est là, dans un des champs défrichés par son père qu'elle élève une jument. Une véritable passion que cette médocaine d'adoption cultive depuis son enfance. Dès qu'elle a un peu de temps, Conchita Cimbron selle sa monture et part en randonnée dans le Médoc. Des balades qui vont sûrement se faire rares dans les semaines à venir.
par Roland et les autres publié dans : Médoc: élections
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Mercredi 30 mai 2007
STEPHANE SAUBUSSE. -- Volontiers provocateur, le candidat des Verts a décuplé son audience grâce à son combat contre le grand contournement de Bordeaux

: Olivier Delhoumeau

Peu lui importe le regard des autres. Stéphane Saubusse assume son style disons... décalé. Piercing au sourcil droit, boucle d'oreille côté gauche et tee-shirt rouge à l'effigie du « Che », le candidat des Verts passe difficilement inaperçu. Tant mieux, « j'aime bien provoquer un peu », résume-t-il dans un sourire. Au soir de la finale du Mondial de 1998, il avait même poussé le vice jusqu'à se teindre les cheveux en vert parce qu'il souhaitait voir le Brésil gagner. Mal lui en a pris.
Né à Cenon, Stéphane Saubusse a passé sa jeunesse au Pian-Médoc. « Tout petit, je vivais déjà dans la nature. J'adorais faire le tour des hameaux à vélo ». Le Pian-Médoc, mais aussi Macau, Ludon : son terrain de jeu deviendra quelques années plus tard son « jardin politique ».
Sa conscience d'écolo militant s'aiguise réellement à partir de 1986, année de la catastrophe de Tchernobyl. C'est aussi celle du bac. Il sera définitivement convaincu du bien-fondé de son combat en écoutant Antoine Waechter (qui fut l'un des quatre porte-parole nationaux des Verts dès leur fondation en 1984), lors d'un débat organisé à l'Essec. « Face au Keynesianisme ou à l'ultralibéralisme, il était le seul, à l'époque, à développer les arguments en faveur du développement durable. Une sorte de troisième voie laissant la part belle à des éléments comme l'envie de sécurité, la protection de l'environnement. »
Stéphane Saubusse s'encarte chez les Verts en 1993. Il se présente aux législatives de 1997 puis aux cantonales de 1998 (dans le canton de Castelnau). Mais il réalise son meilleur score (15,24 %) en 2001, dans le canton de Blanquefort.


Lamarque. Au sein des Verts d'Aquitaine, il devient l'élu de référence sur quelques gros dossiers comme le grand contournement. « C'est moi qui ai fait voter la position officielle des Verts en 1998 », précise-t-il. Une position de refus total résumée par le slogan « ni ici, ni ailleurs ». « Créer de nouvelles autoroutes serait à l'heure actuelle complètement irresponsable. Il faut donner la priorité aux transports alternatifs. »
En Médoc, Stéphane Saubusse devient un fer de lance de l'opposition au contournement de Bordeaux. Le 29 mars 2006, il organise sa première réunion publique à Ludon. Un an plus tard, il en compte plus d'une trentaine à son actif. « Je me souviens particulièrement d'un rendez-vous à Lamarque, terre de chasseurs, où nous avions rassemblé 200 personnes. Ce soir-là, j'avais même été applaudi », sourit-il.


Du vert au kaki. Fils d'ouvrier et de chasseur, Stéphane Saubusse est à l'opposé de la caricature de l'écologiste anti-chasse. Du vert au kaki, il trace volontiers un trait d'union. « Le combat contre la chasse est une ineptie, tout comme le rejet des écologistes par les chasseurs. Nous avons, au contraire, tout intérêt à travailler ensemble. »
S'agissant de la chasse à la tourterelle au mois de mai, il se dit même prêt à lutter aux côtés des forces cynégétiques « pour que la France obtienne un régime dérogatoire ». Selon lui, les dérèglements liés au réchauffement climatique et à la pollution « constituent des périls bien plus graves que les prélèvements des chasseurs ». Irait-il jusqu'à manifester son soutien lors du traditionnel rassemblement du 1er mai ? « Pourquoi pas, répond-il. Je n'ai pas voulu le faire cette année à cause des élections, mais pourquoi pas en 2008. Si les chasseurs veulent de moi... »
Mettant ses convictions en pratique, Stéphane Saubusse se déplace très rarement en voiture. Et pour cause, il n'en a pas. Il cède parfois au covoiturage, mais préfère de loin l'usage du train, de l'autocar ou du vélo. A ses heures perdues, il s'occupe aussi de son jardin potager et cultive son esprit en apprenant les langues. A ce jour, il maîtrise l'anglais, l'allemand, le portugais, l'arabe et le japonais.
par Roland et les autres publié dans : Médoc: élections
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Mercredi 30 mai 2007
LACANAU .......
-- Modification du plan d'occupation des sols : les associations attendent le rapport du commissaire enquêteur

: Véronique Boscher



La zone concernée à l'entrée du bourg
PHOTO V. B.
L'enquête publique qui s'est récemment déroulée sur la commune, a suscité un certain nombre de questions de la part des habitants et des associations locales. Consultable en mairie jusqu'à la fin du mois dernier, cette enquête portait sur un projet de modification du Plan d'occupation des sols. Il s'agit de cinq modifications au total, dont deux en particulier inquiètent les associations. Inquiétudes qui se sont traduites par une pétition, des communiqués de presse et des courriers à l'adresse du commissaire enquêteur Jacques Ransinan. D'abord sur le point 1 de l'enquête, qui concerne la levée d'un emplacement réservé, situé sur la route du Lion à Lacanau-Océan. Un emplacement d'environ 8 000 m2, actuellement réservé à des équipements sportifs, et pour lequel une demande de permis de construire a été déposé pour la réalisation d'un centre de balnéothérapie et dix-sept logements.


Pétition. Alertées par les habitants du quartier, les associations APLLO (Association des propriétaires et locataires de Lacanau-Océan) et VLF (Vive la forêt) « se sont élevées contre cette décision arbitraire » et « ont invité la population à signer une pétition » qui a recueilli près de 500 signatures. « L'ensemble des signatures a été remis au commissaire enquêteur le 26 avril », affirme Jean-Pierre Ménard, président de l'APLLO. « Lever la réserve sur ce terrain au Lion c'est revenir sur une décision ancestrale, qui avait d'ailleurs été confirmée en 1987 par la municipalité de l'époque. Avant de faire des projets pour transformer cette zone, il faut au moins contacter les associations concernées. Nous attendons la décision du commissaire enquêteur et s'il donne raison à la ville, nous verrons quelles actions légales nous pourront mener ».


Préservation environnementale. Pour Dominique Gisson, présidente de VLF, cet emplacement permettait de « préserver une zone d'un grand intérêt environnemental de toute urbanisation. En la désenclavant, la préservation du site est définitivement condamnée ». Vive la forêt s'inquiète aussi sur le point 5 de l'enquête, concernant la création d'un secteur UDy dans la zone UD, située face au cimetière de Lacanau-Ville. Au POS actuel, elle figure comme « zone à caractère d'habitat individuel, ce qui constitue l'extension naturelle du bourg », précise Dominique Gisson. « Prétextant la présence de bâtiments commerciaux - il n'y a que Gédimat - ayant vocation à être aménagés et agrandis, la commune projette d'édifier des bâtiments industriels et com merciaux dans une zone pourtant destinée à de l'habitat individuel », poursuit-elle. L'association a donc adressé un courrier au commissaire enquêteur, avec la demande « d'émettre un avis défavorable à ces modifications portant une atteinte grave à l'environnement de notre commune ».

par Roland et les autres publié dans : Lacanau: les associations
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Mercredi 30 mai 2007

Le Journal du Médoc:

"Superstition interdite pour les candidats aux législatives en Médoc. Ils seront treize à briguer le siège de député de la cinquième circonscription.



 

Treize à table
Vendredi 18 mai, à 18 heures, en plein pont de l'Ascension. C'était le jour et l'heure limites pour déposer sa candidature aux élections législatives. Dans la cinquième circonscription de la Gironde, treize candidats se sont officiellement déclarés. C'est deux de moins qu'il y a cinq ans et c'est conforme à la moyenne départementale. De Conchita Cimbron à Joan Taris (dans l'ordre alphabétique –, petit résumé de ce qu'il faut retenir à propos de cette campagne.

1. Un duel annoncé
On voit mal ce qui pourrait empêcher Jean-François Régère, le tenant du titre UMP, et sa principale rivale, la socialiste Pascale Got, de se retrouver en face-à-face au second tour. Les résultats de la toute récente élection présidentielle semblent, en effet, avoir clarifié les choses vis-à-vis des habituels arbitres du scrutin en Médoc. Les observateurs écartent désormais la perspective d'une triangulaire, au profit d'un duel serré au second tour, au vu des résultats de la présidentielle, Sarkozy ne devançant Royal que de 314 voix.
Le Front National a marqué le pas, étant incapable de profiter des quelque 20.000 électeurs supplémentaires qui se sont déplacés le 22 avril dernier par rapport à 2002. Quant aux chasseurs, Frédéric Nihous a fait trois fois moins bien, en suffrages exprimés, que Jean Saint-Josse il y a cinq ans.
« Syndrome du vote utile », ont proclamé ensemble les deux grands battus. Peut-être, mais même si la peur d'un « 21 avril bis » jouera moins les 10 et 17 juin prochains, on sent qu'une forme de dynamique s'est grippée dans ces deux mouvements qui rassemblaient jusqu'alors la majorité des votes de protestation.
Pour le FN, c'est un habitué des joutes médocaines, l'Arsacais Denis Lemoine, qui repart au combat. Pour CPNT, le Carcanais Jean-Francis Séguy, dont c'est la première campagne électorale, aura la lourde tâche de reprendre le flambeau abandonné en route par Henri Sabarot.

2. L'UDF entre deux chaises
Au soir du premier tour des présidentielles, même battu, François Bayrou apparaissait comme le possible « arbitre engagé » du second tour. Il n'en a finalement rien été. Un mois plus tard, le président de l'UDF, reconverti en Modem (Mouvement démocrate), semble bien seul. Sa tactique de l'entre deux chaises a été mal perçue par l'électorat, aussi bien à droite qu'à gauche. Et dans l'état-major, c'est la débâcle. Seuls trois des vingt-huit députés de son groupe parlementaire lui sont restés fidèles, dont le chanteur béarnais Jean Lassalle.
Bayrou repart pour un combat difficile entouré d'une nouvelle garde rapprochée, dont l'ancien journaliste Jean-Marie Cavada sera l'un des fers de lance. Les sondages lui prédisent un maximum de quatre députés dans la future Assemblée nationale. Localement, les candidats du Modem devraient donc avoir du mal à rééditer les scores présidentiels de François Bayrou (près de 19 % en Médoc, par exemple). Cela n'empêche pas l'élu blanquefortais Joan Taris de mener une campagne de terrain active, où il multiplie les rencontres avec la population. Au moins n'aura-t-il pas devant lui l'obstacle d'Alain Vergniault, élu d'opposition à Eysines, lui aussi UDF, qui menaçait de se présenter contre lui.

3. Quelques cartes à jouer pour les autres
A côté des poids lourds de la consultation, les autres candidats prendront le départ de la course avec de sérieux handicaps. A eux de tirer au mieux parti des circonstances locales pour rebondir et tenter de convaincre les indécis.
Ainsi, l'enseignant pauillacais Stéphane Saubusse, le candidat des Verts, peut s'appuyer sur deux dossiers majeurs – le contournement autoroutier de Bordeaux et le projet de port méthanier au Verdon-sur-mer – qui semblent provoquer le rejet d'une majorité de Médocains. Des dossiers sur lesquels son discours ne sera sans doute pas très éloigné de celui de CPNT.
A droite, le MPF de Philippe de Villiers sera défendu par une Porgeaise de 63 ans, Nicole Gaso-Boissel, alors que le MNR de Bruno Mégret, absent de la présidentielle, revient tenter sa chance aux législatives par l'intermédiaire de Guy Michaëly.
A gauche, les antilibéraux ne se démobilisent pas. Seule Con-chita Cimbron, pour le PCF, peut revendiquer une véritable connaissance du terrain, elle qui travaille depuis toujours comme infirmière dans la presqu'île. Les candidats de Lutte Ouvrière – Guillaume Perchet – et de la Ligue communiste révolutionnaire – Philippe Poutou – ont été, quant à eux, puisés dans le vivier des militants bordelais.
Enfin, deux candidats médocains issus du milieu socio-professionnel essaieront de tirer leur épingle du jeu. Il s'agit du Canaulais David Lacube (La France en action), dont le parti se réclame « au-delà du clivage droite-gauche », et du Moulissois Alain Genestine (Allternative libérale), partisan d'un « maximum de libertés » dans la société.
 

Les treize candidats et leurs suppléants

Jean-François Régère (UMP) – Didier Mau
Pascale Got (Parti socialiste) – Jean-Jacques Corsan
Jean-Francis Séguy (CPNT) – Victor Christian
Denis Lemoine (Front national) – Didier Panisset
Stéphane Saubusse (Verts) – Martine Coudert
David Lacube (La France en action) – Sylvette Delcombel
Nicole Gaso-Boissel (Mouvement pour la France) – Yannick Mahé
Conchita Cimbron (PCF) – Jean-Claude Conte
Guillaume Perchet (Lutte ouvrière) – Georges Lacoste
Alain Genestine (Alternative libérale) – Gérard Rochat
Philippe Poutou (LCR) – Eric Lafargue
Guy Michaëly (MNR) – Jeanine Laguens
Joan Taris (UDF/Mouvement démocrate) – Evelyne Vicente "
par Roland et les autres publié dans : Médoc: élections
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Samedi 26 mai 2007
JEAN-FRANCOIS REGERE. -- Elu en 2002, le député sortant tente la passe de deux sous la bannière de l'UMP. Portrait d'un candidat autodidacte au profil particulier

: Olivier Delhoumeau

En 2002, Jean-François Régère était dans la position du challenger qui n'avait rien à perdre. Cinq ans plus tard, il se retrouve dans la peau du député sortant qui doit défendre son mandat. Enjeu excitant, pari difficile. Car le parlementaire se sait attendu au tournant. Il connaît aussi la difficulté de confirmer dans la foulée d'un premier mandat. En Médoc, cela n'est plus arrivé depuis Aymar Achille-Fould dans les années 60-70. Vainqueur en 1988 et 1997, le socialiste Pierre Brana avait dû s'incliner en 1993 face à Xavier Pintat et en 2002 face à l'actuel député. A ceux qui le verraient trop vite réélu, « la victoire n'est jamais gagnée d'avance », prévient l'intéressé.
Sûrement un vieux réflexe d'autodidacte. En effet, Jean-François Régère n'a pas le profil du candidat passé par les grandes écoles. Les études supérieures, connaît pas ! Il entre de plain-pied dans la vie active à l'âge de 19 ans, pour suppléer son père sur la propriété familiale à Talais. Agriculteur céréalier, il poursuit sa formation en parallèle et s'engage auprès de diverses instances. Membre du bureau de la Coopérative agricole de la Gironde, il prend la tête en 1985 de l'Association des Mattes du Bas Médoc. L'année suivante, il préside le Syndicat intercommunal des bassins versants du Nord Médoc.


Mandel. Sa vie politique ? Elle débute aux municipales de 1995. Au terme d'un cheminement quasi naturel. Le candidat Régère s'inscrit dans la continuité du grand-père paternel, maire de Talais de 1912 à 1929, et de son père, conseiller municipal pendant plusieurs années. « Mon grand-père a très bien connu Georges Mandel qui fut ministre, député, maire de Soulac et l'homme des premières infrastructures dans le Médoc : la route nationale, la voie ferrée. J'entendais souvent parler de lui à la maison. C'était une référence ». Une appréciation qu'il partagerait sans doute avec Nicolas Sarkozy, auteur d'une biographie intitulée « Georges Mandel, le moine de la république ».


Juppé. Son ambition politique se serait largement suffi aux limites de son village si les circonstances n'en avaient pas décidé autrement. Réélu aux municipales de 2001, ses amis l'encouragent à se présenter aux élections cantonales. Embarqué dans une triangulaire, il décroche le canton de Saint-Vivien avec mille voix d'avance sur le second. Quelques mois plus tard, il perd son fils dans un accident de la route. Ce drame s'ajoute à la perte d'un premier enfant survenu en 1987. L'engagement politique le sauvera du naufrage. Fin 2001, Xavier Pintat l'incite à relever un nouveau challenge en se présentant aux législatives de 2002. Régère « le paysan » trouve d'abord le costume trop grand pour lui. Puis l'idée fait son chemin. Le déclic intervient à la suite d'une discussion avec Alain Juppé. « Je ne le connaissais pas, je ne l'avais jamais vu. On a parlé pendant un quart d'heure et à la fin de notre entretien, il m'a dit : "Ok, ce sera vous sur la cinquième, il n'y aura pas de candidat UMP". J'ai gardé ça pour moi jusqu'en mai ». Jean-François Régère, qui avait reçu l'investiture UDF, rejoint l'UMP quelques mois après son élection.
La vie de parlementaire impose un changement de vie. L'agriculteur des mattes du Nord Médoc confie ses bottes et ses terres à Vincent Sibrac, un jeune éleveur, via la création d'une SCEA. Et met entre parenthèses ses loisirs : la chasse et l'élevage des chevaux. Amateur de corrida et de rugby, il s'accorde toutefois quelques escapades à Dax ou dans le Pays Basque. En tant que député, il entend cultiver la proximité. « J'y peux rien, j'aime le contact avec les gens », s'excuse-t-il presque. Quant à ceux qui lui reprochent un bilan insuffisant, « qu'ils prennent ma place et on verra de quoi ils sont capables », lance-t-il.
par Roland et les autres publié dans : Médoc: élections
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Samedi 26 mai 2007
DAVID LACUBE. -- Responsable départemental du nouveau parti, "La France en action", ce boulimique de travail est également candidat aux élections législatives

: Véronique Boscher

Né à Bordeaux, d'un père chef d'entreprise et d'une mère institutrice, David Lacube passe son enfance dans la capitale girondine où il fréquente le collège Albert-Camus, puis le lycée Montesquieu. Après le bac, suivent cinq années d'études à l'école de chimie de Bordeaux, à l'issue desquelles il obtient son diplôme d'ingénieur chimiste. Jeune diplômé, il va d'abord passer douze mois à l'armée en tant que sous-lieutenant dans le génie, avant de quitter Bordeaux pour Toulouse où il sera responsable d'un magasin de fournitures industrielles. Une fonction qu'il exercera pendant une dizaine d'années. Il garde toutefois un lien avec sa Gironde natale en devenant, pendant cette même période, gérant de deux restaurants à Lacanau, « pour dépanner un ami ».


Politique. En 2000, il décide de s'installer définitivement dans la station canaulaise et entame une carrière professionnelle comme responsable commercial dans le Grand Sud-Ouest. Avec l'association NIRSTA (Nouvel institut de recherches scientifiques et technologiques appliquées), il participe aussi à la recherche de nouvelles énergies en cherchant des moyens de financement pour des chercheurs qui tentent de trouver des réponses aux questions et aux problèmes énergétiques d'aujourd'hui. David Lacube s'intéresse d'ailleurs beaucoup à l'environnement, comme à la santé et à l'éducation, qu'il considère comme des sujets majeurs de notre époque. Des sujets qui vont le motiver pour entrer en politique.


Père et fils. D'abord en simple militant pour l'UDF et ensuite, en 2004, en se présentant aux cantonales, toujours pour le même parti. Il va obtenir 9 % des voix sur le canton de Castelnau et devient responsable de canton pour le parti. Jusqu'au jour où il entend parler d'un nouveau mouvement qui s'appelle « La France en action ». Un mouvement politique qui se qualifie « au-delà du clivage gauche-droite » et dont les piliers sont « une écologie active, une santé axée sur la prévention, une nouvelle éducation pour la jeunesse et une économie respectueuse ». « J'ai démissionné de l'UDF, raconte David Lacube, car je me trouvais plus facilement dans les idées de La France en action. C'est un mouvement qui s'attaque vraiment au fond des problèmes actuels. » Comme le parti est nouveau et en recherche de sympathisants, il prend très vite la fonction de responsable pour le département de la Gironde. Ce qui ne l'empêche pas de s'investir également dans la vie associative de sa commune, en devenant entre autres président de la crèche parentale de Lacanau-Océan pendant quelques années. Pour les élections législatives, David Lacube vient de déposer sa candidature pour la cinquième circonscription. Des élections qui seront une « affaire de famille » chez les Lacube car son père, Jacques, représentera La France en action dans la deuxième circonscription. « Le mouvement, qui venait d'être créé en 2004, avait récolté pas loin de 300 000 voix lors des élections européennes, affirme le candidat pour le Médoc. Pour les législatives, on espère bien dépasser le million. »

par Roland et les autres publié dans : Médoc: élections
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Samedi 26 mai 2007
JEAN-FRANCIS SEGUY. -- Le candidat de Chasse, pêche, nature et traditions dans la circonscription phare de Saint-Hubert, entame sa première campagne électorale

: Olivier Delhoumeau

Son adresse est un condensé de sa passion. Une véritable carte d'identité cynégétique. Jean-Francis Séguy habite dans le lotissement du Becadey (chasseur de bécasse en patois). Au numéro 33 de la rue des Palombes. Le candidat CPNT aux législatives dans le Médoc ne pouvait rêver meilleure domiciliation. Agé de 52 ans, il n'habite Carcans, fief politique d'un certain Henri Sabarot, que depuis 7 ans. Il a beau être un néo-médocain, la presqu'île hante ses souvenirs d'enfance, grâce à la chasse. « Mon père était chasseur, pêcheur et jardinier. J'ai découvert cet art de vivre à son contact, dès l'âge de 12 ans. Je me souviens qu'on allait chasser la grive à Beychvelle le week-end. Il y avait mon frère, mon oncle et des amis. Je priais le bon dieu pour que mon carnet scolaire n'arrive pas le vendredi. Les rares fois où mes mauvaises notes m'ont empêché d'y aller, je peux vous dire que j'ai pleuré. »


L'esprit gamin. On l'aura compris, Jean-Francis Séguy est un sentimental. La chasse, une matrice à générer du lien social. « Pourquoi j'aime tant la tonne ? Justement parce qu'il y a cette cabane. J'y retrouve cet esprit gamin de ma jeunesse. » Dès seize ans, Jean-Francis vole de ses propres ailes. Il court les marais, les bois et les plaines avec sa bande de copains. Et apprend à monter au pylône pour guetter les tourterelles.
A Carcans, il peut vivre sa passion au grand air. « Ici, c'est le vélo, le fusil en bandoulière et le chien qui suit à côté. Dit comme cela, l'image est un peu caricaturale, mais c'est royal à vivre », souffle-t-il. Suffisamment, en tout cas, pour ne rien regretter de son « ancienne vie » à Mérignac. « J'habitais dans un immeuble où chacun menait une vie anonyme. Quand je sortais avec ma housse à fusil, j'avais honte... Je sentais les regards sur moi »


Suffrage universel. Sur le plan professionnel, Jean-Francis Séguy a mené toute sa carrière à la SNPE (Société nationale des poudres et explosifs). Entré comme laborantin, il a évolué vers un poste de technicien supérieur, axé sur la mise en place d'outils de travail et de chaînes de fabrication. Parallèlement, il assura des responsabilités syndicales (CGT). « On ne peut pas passer 35 ans d'une vie dans une usine classée Seveso 2, qui travaille pour l'armement, sans se soucier de l'environnement et des hommes », dit-il. Il quitte la SNPE en 2006 dans le cadre du décret des salariés au contact de l'amiante.
Son adhésion à CPNT date de 1999. « En plus de pratiquer la chasse, j'avais envie de la défendre. Et contrairement à mon engagement syndical, les portes se sont ouvertes facilement », dit-il. Henri Sabarot souhaitant prendre du recul pour se concentrer sur la fédération nationale, il se retrouve propulsé sur le devant de la scène des législatives. Adoubé par les adhérents du Médoc. Prestigieux, le baptême du feu s'avère aussi périlleux. Surtout depuis le camouflet infligé à son parti par l'électorat traditionnel des chasseurs lors de la présidentielle 2007. Alors, Jean-Francis Séguy s'attelle à la tâche.
Distribution des tracts, visites des conseils municipaux, réunions, meetings, rendez-vous avec les ACCA (associations communales de chasse agréées)..., il mesure la disponibilité et les sacrifices qu'impose une campagne. « C'est énormément de présence sur le terrain. En même temps, je prends conscience de la chance que j'ai d'aller affronter le suffrage universel. C'est une expérience exceptionnelle ». Où mettre la barre ? Une chose est sûre, les 12,75 % réalisés par Henri Sabarot aux législatives 2002 semblent aujourd'hui d'un autre âge. A l'inverse, le volubile carcanais ne voudrait pas s'enliser dans les marais. « Je suis actuellement dans la peau du boxeur qui a pris un coup sur la tête avec la présidentielle et qui est en train de se relever. Je ne souhaite pas en prendre un second. » D'où sa campagne énergique. Un résultat inférieur à 5 % serait une énorme déception. Non seulement CPNT perdrait le bénéfice du remboursement de la campagne, mais l'image « terre de chasseurs » du Médoc s'en verrait durablement ébranlée. « Je reste lucide et honnête. Si je fais un mauvais score, je le reconnaîtrai. En revanche, si je fais mieux que prévu, je le dirai aussi. »
Jean-Francis Séguy saura-t-il capter le vote des chasseurs aussi bien que ses appelants attirent les oiseaux migrateurs ? Réponse le dimanche 10 juin. Mais à tout prendre, mieux vaut rêver à la vision d'une volée de sarcelles à l'aube, que se laisser bercer par le chant du cygne.
par Roland et les autres publié dans : Médoc: élections
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